La nouvelle bataille de Calitom, le service public des déchets en
Charente, s'appelle « textiles sanitaires ». Ceux-ci ont envahi notre
quotidien et rempli nos poubelles. Couches-culottes, serviettes
hygiéniques, lingettes, mouchoirs, nappes et serviettes en papier
représentent plus de 9 % du total de nos ordures ménagères, soit 34
kilos par habitant et par an…
« 44 % des foyers charentais
utilisent des lingettes pour le ménage et 25 % des serviettes en papier
au quotidien », renchérit Édouard Ganne.
Le responsable de l'animation des territoires de Calitom s'appuie sur
une récente enquête réalisée dans le cadre d'un programme de prévention
des déchets, dont l'objectif est de faire maigrir de 7 % les poubelles
des Charentais sur cinq ans. Parmi les vingt actions lancées, l'une vise
les produits à usage unique, comme les textiles sanitaires.
Solutions alternatives
Pour
mener à bien cette opération, Édouard Ganne est secondé par Aline
Chambaud, stagiaire en master d'écologie humaine à Bordeaux 3.
D'avril
à juillet, la jeune femme va dresser un état des lieux, notamment
auprès des structures grosses consommatrices de textiles sanitaires,
principalement les crèches et maisons de retraite. Elle proposera des
solutions alternatives. « Nous n'allons pas tout révolutionner du jour
au lendemain, mais l'idée est d'amplifier le mouvement », explique Jean
Révéreault, le président de Calitom.
L'Établissement
d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Mouthiers est
sensible à la problématique. Mardi 17 avril, une première rencontre
s'est déroulée à la mairie de Mouthiers entre les services de Calitom,
Jean Révéreault, également adjoint au maire de Mouthiers, et le
directeur de l'Ehpad, Sébastien Mannalin.
« Dans le domaine de la
protection hygiénique, notre budget varie chaque année entre 12 000 et
15 000 euros, et nous restons des petits consommateurs avec seulement 51
résidants… »
Parallèlement, le directeur n'a jamais été démarché par les groupes spécialisés pour envisager des solutions alternatives.
«
Nous, Calitom, allons faire cette démarche », annonce le président. Ses
services sont en contact avec une maison de retraite en Vendée, qui a
banni les textiles sanitaires.
Budget couches
À
l'autre bout de la vie, les crèches seront également sensibilisées pour
développer l'utilisation des couches lavables. Car c'est un budget qui
pèse en cette période de crise. « Il faut compter entre 1 000 et 1 300
euros (par an) pour des couches jetables, pratiquement deux fois moins
pour des lavables », détaille Aline Chambaud. La jeune femme s'est
rapprochée d'Accep 16, Association des collectifs enfants-parents de
Charente, qui a déjà mis en place des pratiques écoresponsables dans le
cadre de son réseau d'écocrèches.
Un plan d'actions spécifiques, destinées au grand public comme aux structures collectives, sera dévoilé dans trois mois.
Source : http://www.sudouest.fr/2012/04/28/la-chasse-aux-textiles-sanitaires-700910-706.php